Dimanche 2 novembre 2008
Par anne
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Dimanche 2 novembre 2008
Un homme voulait se faire ascète. Une belle nuit, il déclara:
"Le moment est venu pour moi d'abandonner ma demeure et de chercher Dieu. Ah! qui donc m'a retenu si longtemps ici dans les trompeuses illusions? "
Dieu murmura: "Moi"; mais l'homme ne comprit pas.
Il dit: "Où es-tu, Toi qui t'es joué si longtemps de moi?"
A ses côtés sa femme était paisiblement étendue sur le lit, un bébé endormi sur son sein.
La voix reprit: "Dieu, il est là", mais l'homme n'entendit pas.
Le bébé pleura en rêve, se pelotonnant plus près de sa mère.
Dieu ordonna: "Arrête insensé, ne quitte pas ta maison"- mais il n'entendit pas encore.
Dieu soupira et dit avec tristesse:"Pourquoi mon serviteur croit-il me chercher quand il s'éloigne de moi?"

Rabindranath Tagore Le Jardinier d'amour
                                La jeune Lune
Par anne
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Vendredi 31 octobre 2008
Dans la maison de retraite où je travaille nous étions trois dans l'ascenseur: Fred l'aide-soignant, Odette une dame de 102 ans dans son fauteuil roulant et moi. Au fond de l'ascenseur il y a un grand miroir. Nous sommes sortis à reculons de l'ascenseur et Odette s'est mise à faire au revoir de la main à son reflet.
Fred lui a dit: "mais voyons Odette, à qui dites-vous au revoir?" Elle n'a pas répondu. Mais Fred m'a dit : d'habitude elle répond "à ma copine!"
Par anne
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Jeudi 30 octobre 2008
Par anne
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Jeudi 30 octobre 2008
Par anne
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Jeudi 30 octobre 2008
Mon maître n'aimait pas sa vie malheureuse. Il aurait voulu avoir plus de chance. Mais non, il n'en avait pas. Chaque jour, il faisait quelque chose de bien, mais les résultats étaient rarement bons. Y avait-il quelque chose qui le poussait à ne pas avoir de chance? Peut-être était-ce le résultat de sa vie précédente ou de ses vies antérieures. On ne sait pas. Mais si nous regardons notre vie bien en face, nous pouvons y faire quelque chose de bien chaque jour. Quoi qu'il arrive, tout ce que nous avons à faire est de continuer à planter de bonnes graines. Pour qui? Pour quand? Pour vous, pour tous les êtres sensibles, pour cette époque ou la suivante, pour la vie future, pour les générations à venir, tout ce ce que nous avons à faire, c'est de planter de bonnes graines. Telle est notre pratique.
Il importe surtout de ne pas se laisser obséder par les résultats qu'on observe. Tous les résultats, bons, mauvais ou neutres, doivent êtres acceptés sans réserve. Tout ce que nous avons à faire, c'est de semer de bonnes graines jour après jour, sans laisser aucune trace de ces bonnes semailles ni créer aucun attachement. C'est pourquoi mon maître continua à pratiquer et à aider les gens jusqu'à sa mort.


Dainin Katagiri Retour au silence
Par anne - Publié dans : Sangha
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Mercredi 29 octobre 2008
On est obligé de faire un effort sur le chemin tant que l'on n'est pas convaincu, que l'on a maille à partir avec une part de soi-même qui ne veut pas jouer le jeu. Inciter quelqu'un à faire un effort, c'est l'encourager à gagner à la cause du chemin des parts de lui-même non encore acquises. C'est pourquoi je conseille à ceux que j'accompagne de se parler à voix haute, d'essayer de se convaincre afin de rallier au chemin le maximum de parts d'eux-mêmes. Plus il y a ralliement, moins il y effort.

André Rochette Par l'amour de la vie
Par anne - Publié dans : Sangha
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Mardi 28 octobre 2008

"Quelques semaines avant sa mort, Angelina avait eu une conversation téléphonique avec un couple d'amis proches qui vivaient à Bern. Ses paroles les avaient tellement frappés qu'ils les avaient aussitôt notées. La traduction de l'allemand en alourdit le style sans en amoindrir le sens: "Ce n'est pas tellement ma maladie qui importe; ce qui compte, toujours plus, c'est l'évolution qu'elle a déclenchée en moi, ce développement intérieur qui m'a saisie. Je me sens emportée et contenue dans cette lente transformation vers une dimension incomparablement plus vaste et essentielle."

A quelques jours de la fin, l'infirmière était arrivée dans une tenue très seyante, assez court vêtue, et Angelina l'avait accueillie par un grand rire: "oh la la, ça, ça va plaire à mon mari!"
Je n'ai jamais vu de possessivité chez Angelina.
- Quand je ne serai plus là, m'avait-elle dit un jour, Jean refera sûrement sa vie. Ce n'est pas le genre d'homme à rester seul." Ce fut la seule fois qu'elle évoqua explicitement sa mort avec moi.
- Et cela ne te rend pas jalouse?
- Non, m'avait-elle répondu, presque étonnée, qu'est-ce que ça change à la qualité de la relation que nous avons maintenant?

La veille de sa mort, Jean déambulait de long en large dans la pièce à côté, submergé de tristesse à l'idée de sa fin qui devenait imminente. Elle l'entendait marcher depuis son lit, elle devinait quelles pensées l'agitaient. Elle aussi sentait qu'elle n'en avait plus pour longtemps et qu'il s'agissait sans doute d'une question d'heures. Cela ne l'avait pas empêchée, à un certain moment, de rassembler ses forces, de se redresser dans son lit et d'apostropher son mari pour le rappeler à l'ordre, comme elle savait si bien le faire:
- Jean, en ce moment je ne suis pas en train de mourir, je suis en train de vivre!

Angelina avait l'habitude, chaque année, d'inscrire un mot, un seul, sur une ardoise qui restait posée en évidence quelque part chez elle. C'était en quelque sorte son programme de l'année, ce sur quoi elle voulait réfléchir et travailler. Je ne me souviens plus du mot de l'année précédente mais je me souviens de celui qui l'a accompagnée tout au long de sa dernière année. Sur l'ardoise était écrit à la craie blanche le mot Confiance, de sa belle écriture qui respirait aussi large qu'elle.

Véronique Desjardins Porte donnant sur la voie, extrait de la nouvelle Hommage à une belle âme

Par anne
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Lundi 27 octobre 2008
"L'amour n'est pas consolidation, il est lumière."
 Simone Weil.
Par naëlle
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Dimanche 26 octobre 2008
Par naëlle
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