Juliette garçon manqué
Cette phrase de Lily Jattiot (voir post précédent) chemine.
J'aimerai savoir comment vous (femmes et hommes) vous vivez ce masculin/féminin, paternel/maternel.
Je crois à l'éclairage donné par mes frères et soeurs de la Sangha.
Le mail pour l'envoyer: amiessence@yahoo.fr
Ils deviendront des posts.
A bientôt
Suite au post La bonté primordiale, Jérome a signalé cet interview de Véronique Desjardins,
trouvé sur Psychologie.com.
« Comment, sur la base d’une négation constante de soi, peut-on trouver la paix ? » interroge Véronique Desjardins. S’aimer implique d’accueillir ses qualités comme ses défauts. La plupart
des traditions spirituelles l’ont compris.
" Le Dalaï-Lama a, paraît-il, été très surpris, lors de ses premiers contacts avec l’Occident, de découvrir
cette étrange maladie dont la plupart d’entre nous sont atteints : le manque d’amour de soi – pour ne pas dire la détestation – tant celle-ci était inconnue dans son pays d’origine. Ce conflit
avec soi-même est doublement tragique. Il conduit évidemment à refuser des parts de soi considérées comme négatives et que nous voudrions faire disparaître, ou à nier certains aspects de notre
être – la fameuse part d’ombre de l’analyse jungienne – qui ne correspondent pas à l’image que nous voulons conserver de nous. Ce qui aboutit à une véritable autocensure. Mais ce qui est plus
grave, c’est que le non-amour de soi se projette sur notre être tout entier, y compris sur les potentialités qui constituent notre richesse la plus intime. En refusant notre part d’ombre, nous
refusons aussi notre part de lumière, le réservoir de force, de confiance en soi, d’élan vital, toujours présent au fond de nous-mêmes. Si nous regardons bien, nous n’avons choisi ni nos
“talents” ni ce que nous considérons comme négatifs. Il n’y a donc ni fierté ni culpabilité à avoir quand nous découvrons ce que nous sommes. L’humilité que prônent toutes les voies spirituelles
ne peut pas se fabriquer, on ne devient pas humble parce que l’on prétend “être tout petit”. La véritable humilité, c’est de se voir tel que l’on est, ni plus ni moins, et de s’accepter dans son
intégralité, en assumant ses failles, mais aussi ses dons et ses qualités comme des faits. Ce qui revient à quitter le monde du jugement. Chez beaucoup d’Occidentaux, la spiritualité, qui devrait
être le terrain privilégié de la réconciliation avec soi-même, aboutit souvent à son contraire, le renforcement de l’aliénation dont on désire s’affranchir. Les chercheurs de vérité s’adressent
souvent à des maîtres, non pas tant parce qu’ils sont animés par une authentique recherche, mais parce qu’ils ne s’aiment pas. Ils espèrent que les enseignements spirituels vont les aider à
“devenir meilleurs”. Dans le centre d’Arnaud Desjardins, nous sommes plusieurs collaborateurs à animer des réunions en groupes restreints, où six à sept personnes peuvent partager leurs
difficultés existentielles. La quasi-totalité des questions qu’elles posent peut se résumer à un conflit, camouflé ou patent, avec elles-mêmes : refus de ce qu’elles sont (trop ceci ou pas assez
cela), refus de leurs émotions, refus de leurs comportements (« Je me mets tout le temps en colère » ; « Je ne témoigne pas assez d’amour à mon mari » ; « Je suis trop lent dans mon travail »,
sous-entendu : « Je devrais être autrement. ») Comment, sur la base d’une négation constante de soi-même, peut-on envisager de “trouver la paix”, de “mettre de l’harmonie” dans sa vie ? Nous nous
plaignons souvent de manquer d’énergie, mais la non-acceptation de nous-mêmes, sous ses multiples formes, constitue le plus grand blocage énergétique que l’on puisse imaginer, blocage que nous ne
cessons d’alimenter par de nouveaux refus. En fait, cette erreur témoigne d’une incompréhension des lois qui régissent le processus même de la transformation. Car c’est bien à une transformation
que nous invite toute voie spirituelle, non pas sur la base de la suppression de certains aspects de nous-mêmes, mais de leur transmutation, véritable alchimie intérieure. Ce dont nous voulons à
toute force nous débarrasser pourrait bien être notre plus grande richesse. Sœur Emmanuelle raconte une très belle histoire concernant les chiffonniers du Caire : les détritus de la décharge sur
laquelle ils naissaient, vivaient et mouraient dans des conditions épouvantables étaient devenus, avec le temps, un engrais particulièrement fertile que la municipalité du Caire est venue acheter
pour l’épandre sur les champs d’Egypte. On parle sans arrêt de “devenir soi-même”, souvent dans un esprit de revendication, comme si l’extérieur – la société, le milieu professionnel, l’entourage
proche – était responsable de notre aliénation. Mais, ne sommes-nous pas les premiers artisans, à force de nous refuser, de notre prison ? La fameuse “connaissance de soi” suppose l’intégration
de tous les aspects de notre réalité actuelle, ceux que nous aimons et ceux que nous n’aimons pas – mais également ceux que nous ne connaissons pas encore et que notre attitude d’accueil va
permettre de révéler à la conscience. Les Tibétains ont une très belle expression : entrer en amitié avec soi-même, et cette amitié se pratique au quotidien, instant après instant. Comme le dit
un adage soufi : “Ou vous entrerez entier au Paradis, ou vous n’y entrerez pas.” »
Véronique Desjardins juin 2003
Un prêtre était assis à sa table de travail et rédigeait un sermon sur la Providence, lorsqu'il entendit comme une explosion. Bientôt il vit des gens paniqués courir çà et là et découvrit qu'un barrage venait de céder : la rivière était gonflée et on évacuait la population.
Le prêtre vit l'eau qui commençait à monter dans la rue, au-dessous de lui. Il éprouva quelque difficulté à réprimer le mouvement de panique qui montait en lui, mais il se dit à lui-même : "Je suis en train de préparer un sermon sur la Providence et l'occasion m'est donnée de mettre en pratique ce que je prêche. Je ne fuirai pas avec les autres. Je vais demeurer exactement où je suis et faire confiance à la Providence de Dieu pour me sauver.
Lorsque les eaux atteignirent le niveau de sa fenêtre et qu'une embarcation pleine de monde passa par là, " Embarquez Père " lui cria-t-on. - " Oh! non mes enfants, répondit-il plein de confiance : je confie à la Providence de Dieu le soin de me sauver. "
Quand même, le père prit l'initiative de monter sur le toit et au moment où l'eau atteignit ce niveau, une autre embarcation passa pleine de monde et de nouveau on enjoignit au père de se joindre au groupe : il refusa encore.
Cette fois, il grimpa au sommet du clocher. Lorsque l'eau lui vint aux genoux, on envoya un officier de bateau à moteur pour le sauver. " Non merci, officier, dit le père avec le sourire le plus calme, j'ai confiance en Dieu, vous savez : il ne me laissera jamais tomber. "
Quand le père se noya et parvint au ciel, la première chose qu'il fit fut de se plaindre à Dieu : "j'ai eu confiance en vous! pourquoi n'avez-vous rien fait pour me sauver! "
" Oh! dit Dieu, je t'ai envoyé trois embarcations, tu sais. "
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